Gens de l'industrie - Adaire Chown

Publié en ligne: 
2 Novembre 2015

par Bernie Desjardins

Adaire Chown est bien respectée pour ses nombreuses années d’expérience dans le domaine de codes et normes, et cette expérience lui a donné une vaste gamme de connaissances ainsi que de perspicacité. Elle a longtemps été un visage familier pour les participants dans le secteur de la construction aux niveaux national, provincial/territorial et local. Au fil des ans, Adaire a été reconnu pour son travail à plusieurs reprises, notamment avec le prix William M. McCance de l’Association canadienne des constructeurs, présenté à elle pour son rôle remarquable dans le domaine technique de l’industrie du bâtiment.

Au Canada, les provinces et les territoires fondent leurs codes de construction en grande partie sur les quatre codes de construction nationaux qui servent de modèles pour les exigences de la sécurité incendie, la plomberie, l’efficacité énergétique et la construction de bâtiments en général. Les codes sont élaborés par des volontaires de l’industrie, du gouvernement, et des consommateurs, et gérés par le personnel au Centre canadien des codes du Conseil national de recherches du Canada (CNRC). Pour une grande partie des dernières décennies, Adaire s’est adonnée à ces efforts.

Après avoir obtenu un diplôme en architecture de l’Université Carleton, Adaire a commencé sa carrière au sein de l’industrie de construction dans les domaines de la conception de l’enveloppe du bâtiment, la construction, et l’évaluation de la performance pour ce qui était à l’époque le ministère fédéral des Travaux publics. Après quelque temps au CNRC, où elle a traité des questions de transfert de technologie à l’Institut de recherche en construction, elle a été transférée au Centre canadien des codes (CCC).

Bien que sa spécialité est l’enveloppe du bâtiment, Adairea également joué un rôle dans le traitement des questions telles que les exigences structurelles, la protection incendie, la ventilation et la consommation d’énergie à l’élaboration continue du Code national du bâtiment (CNB) et le Code national de l’énergie pour les bâtiments (CNÉB).

Sans doute, il y a ceux qui pourraient penser que le travail sur le libellé et les conséquences de milliers de dispositions techniques serait fastidieux, sans intérêt, et trop compliquée. Cependant, même si elle admet que le travail est aussi exigeant qu’il est interminable, Adaire avoue qu’elle ne le trouve pas ennuyeux du tout. En fait, elle est enthousiaste d’être impliquée dans l’élaboration des codes et normes.

« Le travail est très difficile et incroyablement intéressant, » dit-elle. « Chaque demande de modification relative au mise à jour, la suppression ou l’ajout d’une exigence soulève des questions sur la nécessité d’un changement, la pertinence technique de la solution proposée, les implications en matière de coûts par opposition à avantages et l’application. Parfois, les réponses sont tout à fait évidentes, mais parfois ils exigent beaucoup de recherche, y compris des essais en laboratoire ou la modélisation informatique. »

Les codes et les normes sont continuellement mis à jour parce que les nouveaux matériaux, la technologie et la méthodologie, ainsi que de nouvelles informations sur la performance des bâtiments sont constamment introduites, tout ce qui peut nécessiter des changements de code. Adaire est constamment vigilante concernant les problèmes, mais prend aussi du temps pour évaluer de nouveaux matériaux qui pourraient améliorer les bâtiments : « Pour des bâtiments de faible hauteur, les panneaux sandwich ont certainement un potentiel d’application. Il y a d’autres nouveaux matériaux qui sont prometteurs, mais très chers. Un exemple est l’utilisation de panneaux isolés sous vide. Ces derniers pourraient être bons pour une utilisation dans les maisons préfabriquées en raison des exigences dimensionnelles liées aux transports, » dit-elle.

Adaire est actuellement la directrice principale des affaires techniques au sein de l’Institut canadien de l’habitation usinée (ICHU). Elle dit, « Je me considère privilégiée de travailler avec le personnel et les membres de l’ICHU ; travailler avec eux est très agréable. » Elle dit que la production de bâtiments par les membres de l’ICHU dans les usines diffère à bien des égards par rapport à la construction sur place; il a fallu, alors, de « se mettre au diapason » sur la construction en usine quand elle a été embauchée par l’Institut. « J’ai rendu visite aux usines dans l’ouest et l’est, qui étaient tous différents, mais semblables. Elles sont tous très bien organisées, basées sur la construction frugale, plus sécuritaires par rapport à la construction sur place, et généralement plus automatisée. » Dans ses efforts pour acquérir une compréhension approfondie des pratiques actuelles, elle a également discuté de la préfabrication avec un grand nombre de chefs de file et travailleurs de l’industrie. Lorsque Adaire compare les bâtiments construits sur place à ceux produits dans une usine (et elle a une connaissance intime de tous les deux), elle conclut que les bâtiments préfabriqués sont généralement « de meilleure qualité, livré à temps, et au budget. »

Les années d’expérience dans le traitement des questions concernant les codes et les normes ont donné Adaire l’expertise nécessaire pour assurer que les membres de l’ICHU sont informés sur les modifications réglementaires qui pourraient affecter leurs entreprises. Une de ses contributions les plus importantes est l’analyse d’implications des changements proposés. Par exemple, lorsque de nouvelles exigences d’efficacité énergétique ont été rédigées à l’inclusion dans la partie 9 (Maisons et petits bâtiments) du CNB, Adaire a assisté aux nombreuses réunions qui ont été tenues pour discuter les détails. En soulevant des questions spécifiques et en préparant les informations techniques pertinentes pour soutenir les positions prises, elle a réussi à influencer le résultat de l’initiative au nom de l’ensemble du secteur de la construction préfabriquée. Notamment, Adaire a reconnu que les augmentations proposées pour l’isolation des sols et greniers se traduiraient par un bâtiment trop grand qui ne pouvait pas être facilement transporté sous des obstacles tels que les ponts en route vers le site permanent. Elle a donc plaidé pour une solution appropriée : des compromis pour l’utilisation de l’énergie. Cela a permisaux fabricants d’éviter des difficultés importantes dans le transport de produits tout en conservant l’efficacité énergétique globale. « Je ne l’ai pas accomplir moi-même », dit Adaire, « J’ai reçu beaucoup d’aide à partir du Groupe de travail technique de l’ICHU (GTT). Le groupe se compose de six membres expérimentés du personnel technique des usines de partout au pays. Chaque fabricant a une approche unique de la construction. Le GTT a une valeur inestimable en matière de la clarification dans le cas où une exigence proposée pourrait être problématique ou non, et quelles sont les approches alternatives qui peuvent être utiles, » explique-t-elle.

Adaire s’occupe actuellement de la nécessité d’élaborer des exigences de la norme CSA Z240.10.1 Aménagement du terrain, construction des fondations et installation des maisons usinées pour régler la question des charges sismiques. « Nous devons d’abord déterminer le niveau de performance spécifié par les exigences actuelles de la norme. Si ce niveau n’est pas compatible avec les nouvelles dispositions dans le Code national du bâtiment, des changements devront être faits pour assurer que la norme continue d’être référencée dans le Code ». Adaire travaille également avec la province du Manitoba à mettre à jour les exigences du code provincial et la manière dont les normes CSA A277 et Z240 MH, qui régissent le bâtiment en usine, sont référencés dans les lois et règlements du Manitoba.

Les nouvelles maisons au Canada sont parmi les meilleurs au monde, quelque chose qui ne se produit pas par accident. La sécurité, le confort, la solidité et la durabilité environnementale de nos maisons résultent de l’attention au détail qui est rigoureux et continu au cours du processus de construction et même longtemps avant que la construction commence. Et il en résulte en grande partie des efforts déterminés de gens dévoués… de gens comme Adaire Chown.